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L’entreprise de chaudronnerie Taillefer, à Blainville-sur-Orne, a elle aussi souffert de l’effet Covid-19. Mais plutôt que de pleurer sur leur sort, les dirigeants investissent et modernisent leur outil.

Mars 2020, la claque

« Nous avions un très beau carnet de commandes lorsque la crise sanitaire a éclaté », témoigne Gaëlle Pignet, présidente de l’entreprise de chaudronnerie Taillefer (1) qu’elle co-dirige avec son mari Jean-Michel Condal depuis 2019, à Blainville-sur-Orne. « Mais au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron, tout s’est arrêté net. » Face à l’inquiétude « légitime » des salariés et au regard des consignes sanitaires, « nous avons décidé une suspension d’activité pendant douze jours. La santé d’abord. » Un accord d’entreprise a permis de ne pas avoir recours au chômage partiel. « Un dialogue constructif avec les instances sociales de l’entreprise a permis de maintenir les salaires en piochant dans les congés payés. »

Une réorganisation du temps de travail

Pour satisfaire ses clients, l’entreprise a dû se remettre rapidement au travail. « Des entreprises comme Suez ou Veolia n’ont pas cessé leur activité et nous réclamaient leurs commandes », explique Jean-Michel Condal. Afin de ne pas être confrontée à des pénalités de retard, l’entreprise doit s’adapter. « Nous avons aménagé les horaires pour ne pas avoir l’ensemble des salariés sur site au même moment. » Des heures supplémentaires ont également été mises en place, ainsi qu’une réorganisation des périodes de travail. Désormais, l’usine fermera ses portes pendant deux semaines au mois d’août et une semaine en fin d’année. « Cela correspond aux périodes de fermeture de nos sous-traitants en peinture et galvanisation », précise Gaëlle Pignet.

Baisse des commandes

Le carnet de commandes de l’entreprise ne suscite pas d’inquiétudes pour l’année 2020. « Les prévisions de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires devraient être tenues. » En revanche, 2021 s’annonce plus compliquée.
« Habituellement, nous enregistrons entre 500 000 et 1 million d’euros de commandes par mois, dévoile Jean-Michel Condal. Mais depuis le mois de mars, plus grand-chose. Les demandes de devis affluent mais débouchent rarement sur du concret. »

Un pari sur l’avenir

Pour conjurer le mauvais sort, les dirigeants de Taillefer ont adopté une stratégie offensive. « On fait un pari sur l’avenir », confirme la présidente. Objectif : moderniser l’outil de travail et agrandir les locaux. « Les banques nous ont fait confiance », apprécie Gaëlle Pignet. Un prêt garanti par l’État d’un million d’euros va permettre « de passer le cap au niveau de la trésorerie ». Et un autre de 1,5 million d’euros va financer l’achat de nouvelles machines de découpage de tôles, mais aussi un aménagement conséquent des locaux (vestiaires, réfectoire) et la rénovation de l’alimentation en gaz.

Des embauches

Preuve de l’optimisme qui règne chez Taillefer, Gaëlle Pignet et Jean-Michel Condal poursuivent la politique d’embauche qui les anime depuis leur arrivée dans l’entreprise. « Nous allons accueillir trois nouveaux apprentis, se félicite la dirigeante. Et nous avons recruté deux nouveaux cadres : un ingénieur commercial et un chargé d’affaires pour notre bureau d’études. »
(1) Spécialisée depuis trente ans dans la construction de centrales à béton, la PME Taillefer, à Blainville-sur-Orne, conçoit, fabrique et livre des silos en acier de 20 à 700 m³ pour différents domaines d’activité, dont l’agroalimentaire, l’environnement, les carrières et le BTP. Elle a été reprise en mars 2019 par Gaëlle Pignet, présidente et directrice commerciale, et son époux Jean-Michel Condal, directeur technique. Elle emploie 60 salariés.
La vie des entreprises de l’Ouest sur www.ouest-france.fr/economie/entreprises
Jean-Philippe GAUTIER (Journaliste Ouest France)